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La vie rêvée du joueur d’échecs de Denis Grozdanovitch explore la psychologie des « pousseurs des bois » – ces passionnés des soixante-quatre cases de l’échiquier –, ainsi que la valeur symbolique et l’histoire littéraire du jeu des rois. Un essai passionnant. Par Steven Sampson 🔸

Nombreux sont ceux qui – comme votre chroniqueur – sont fascinés par le jeu d’échecs. C’est difficile d’expliquer l’origine de cette obsession ; l’un des mérites du livre de Denis Grozdanovitch est de la considérer sous plusieurs angles, sans chercher à donner une réponse définitive. Il commence par une citation, une de celles, sans doute, qu’il accumulait dans de petits cahiers – il gagnait sa vie comme moniteur sportif – en attendant de devenir écrivain. Écrire sur le jeu d’échecs, est-ce une façon de mélanger le sport et la parole ? La première citation, du philosophe Clément Rosset, le laisse croire : « Nostalgie d’un monde clos et rassurant, où tout serait prévu, rationnel et organisé, et qui relève du désir d’une maîtrise fantasmatique de l’existence. »

On songe à un tableau de De Chirico, un parvis doux et statique, évocateur d’une époque antique, où l’être inanimé – des statues, des mannequins – occupait la place centrale. Les petits pions incarnent-ils ainsi l’enfance de l’humanité ? Grozdanovitch émet cette hypothèse, parmi d’autres, une citation toujours à l’appui, extraite en l’occurrence de L’anatomie de la mélancolie de Robert Burton : « Il n’y a aucune différence entre nous et les enfants, si ce n’est que ces derniers jouent avec des poupées de chiffon et autres jouets semblables, tandis que nous nous amusons avec des poupées de plus grande taille. »


Denis Grozdanovitch, La vie rêvée du joueur d’échecs. Grasset, 208 p., 19 €

 

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