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Manger des œuvres d’art, est-ce bien artistique ? Et comestible ? L’historien Jérémie Koering retrace dans un livre, une imposante et extravagante histoire de l’ingestion des images. Par Les Influences 🔸

Cette toile signée du portraitiste hollandais Godfried Schalken (1643-1706) est aussi la couverture d’un essai étonnant de Jérémie Koering, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université de Fribourg. Les Iconophages retrace l’histoire très ancienne et diverse de l’ingestion des images. Anecdotique ? Les origines sont puisées en abondance dans l’art religieux. On y lèche et pourlèche des fresques, on boit de l’eau qui a ruisselé sur des statues sacrées, on boit le sang du Christ et le lait de la Vierge, on mastique directement des papyrus pour métaboliser la connaissance, on dévore avec dévotion gaufres estampées, massepains figuratifs et autres images plus ou moins comestibles. À travers cette extravagance, l’essayiste défend dans son étude compacte, une approche qui ne se limiterait pas à une seule approche exclusivement visuelle des images. « L’histoire, la phénoménologie et l’anthropologie nous apprennent que d’autres sens peuvent être engagés dans la perception d’une image, parmi lesquels le toucher ou le goût », rappelle t-il. Et à cette aune, depuis l’Antiquité et dans de nombreuses sociétés, les images ont provoqué une grande bouffe inspirante.

 

Les Iconophages. Une histoire de l’ingestion des images, Jérémie Koering, Actes sud, Collec. Les Apparences, 352 p., 34 €. Paru 7 avril 2021.

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