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Plutôt que d’étudier le vol à l’époque contemporaine en partant des voleurs, et si on partait des victimes et de ceux qui craignent de l’être ? Par Benjamin Badier 🔸

Quel est le point commun entre Stefan Zweig, René Barjavel et Michel Winock ? Tous trois ont un jour subi un vol. Chacun a réagi différemment. L’intellectuel autrichien renonce à porter plainte, mais ses voisins parisiens lui reprochent de ne pas avoir surveillé ses affaires ; l’auteur de science-fiction est gagné par la colère, envisage l’auto-défense et pose de nouveaux verrous… Dans Propriété défendue, livre issu d’une habilitation à diriger les recherches (dont le garant était Dominique Kalifa), Arnaud-Dominique Houte parvient à renouveler l’histoire du vol en France à la période contemporaine. Spécialiste de l’histoire de la délinquance et des forces de l’ordre au XIXe siècle, enseignant à Sorbonne-Université, il ne se penche pas sur les voleurs eux-mêmes, sur leur profil ou leurs motivations. C’est le vol en lui-même qui l’intéresse, l’objet du délit, le lieu où il survient, mais aussi la réaction des victimes et la façon dont il est perçu par le reste de la société qui, si elle n’a pas encore subi un vol pourrait bien en être victime un jour, et se protège. Le regard sur le vol est inversé : il prend le point de vue de la propriété, défendue contre le vol qui est son miroir. « Le vol, c’est la propriété »   écrit l’auteur en inversant le célèbre aphorisme de Proudhon.

Propriété défendue. La société française à l'épreuve du vol. XIXe-XXe siècles

Arnaud-Dominique Houte

2021

Gallimard

400 pages

24,00 €

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