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Lucrezia Tornabuoni (ou Lucrèce) (née en 1425 à Florence et morte le ) est l'épouse de Pierre de Médicis et la mère de Laurent le Magnifique. Elle a également laissé une œuvre poétique.

L’œuvre littéraire de Lucrezia Tornuaboni (ce qui nous en est parvenu) est double. Elle comprend d’abord neuf laudi - sur la mort du Christ, sa montée au ciel, le Jugement Dernier, la Nativité. Les laudi étaient des poèmes consacrés à des thèmes religieux, mais chantés sur des airs à la mode (à la place des paroles profanes donc)4. Ils étaient composés en italien vernaculaire, et non en latin. Le plus célèbre des laudi de Lucrezia met en scène un nouveau converti qui résiste aux forces démoniaques qui l'assaillent (O ennemi, j’ai passé/maintenant la voie du doute;/Jésus m’a libéré5). Les laudi avaient été très populaires au xiiie siècle. Peut-être le choix de ce genre par Lucrezia visait-il à se concilier la faveur des patriarches florentins attachés à cette forme ancienne et réticents envers la culture humaniste chère à Laurent le Magnifique. Elle a d’autre part laissé des poèmes plus longs, des storie sacre (poèmes sacrés), composés soit en stances de huit vers (ceux sur saint Jean-Baptiste, Judith), soit en stances de trois vers (ceux consacrés à Esther, Suzanne, et Tobie) composés en italien. Dans Sacred Narratives, Jane Tylus note que certaines des scènes décrites dans ces poèmes, les fêtes des premières pages de la vie d’Esther, la cérémonie de mariage entre Sarah et Tobie, faisaient écho à des situations que Lucrezia Tornuaboni avaient dû elle-même connaître6. Le choix des sujets n’est pas non plus neutre : saint Jean-Baptiste était le saint patron de Florence et Judith symbolisait la victoire de la cité contre la tyrannie. La Judith de Donatello resta d’ailleurs exposée dans le jardin du palais Médicis sur la via Larga jusqu'en 1494.

 

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