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Dans un livre beau et hétéroclite, l’écrivain italien Roberto Saviano nous interpelle sur la question migratoire en choisissant un biais original : la photo et son pouvoir de témoignage. Par Xavier de La Porte 🔸

Le 2 septembre 2015, sur les tous les fils d’actualité du monde, une photo apparaît : celle d’un petit garçon dont le corps sans vie est échoué sur une plage de Bodrum, en Turquie. Depuis le début des années 2010, la « crise migratoire » envoie des dizaines de milliers de personnes traverser la Méditerranée au péril de leur vie ; on en a vu, des épaves renversées et des cadavres qui flottent. Pourtant, cette photo prise par Nilüfer Demir frappe plus que les autres : le fait qu’il s’agisse d’un enfant – qui sera identifié comme un Syrien de 3 ans, Alan Kurdi –, ses habits – un pantacourt et un tee-shirt rouge – qui pourraient être ceux de n’importe quel petit garçon, sa position – bras le long du corps et tête balayée par les vagues qui s’échouent sur la plage… L’image presque insoutenable court les réseaux sociaux, la presse écrite la reproduit, l’Europe est bouleversée, les gouvernements promettent d’agir, certains – comme en Allemagne – le font. Il est dit que ça n’arrivera plus.

 

En mer, pas de taxis

Roberto Saviano

Editeur : Gallimard

Collection : Beaux Livres Gallimard

Date de parution : 04/03/2021

Nombre de pages : 176

25,00 €

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