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L’historien livre une enquête minutieuse, parfois exigeante, qui vise mettre au jour les ressorts de la puissance charismatique du préfet au XIXe siècle. Par Florent Georgesco 🔸

Le comte Louis-Albert de Lezay-Marnésia, nommé préfet à Lyon en 1817, avait de multiples motifs de fierté à faire valoir dans ses souvenirs, écrits quarante ans plus tard. La « magnificence » des bals qu’il organisa à la préfecture n’était pas le moindre, et personne n’aurait pu le convaincre qu’elle était le plus futile. Dans une France plus divisée que jamais après la chute de l’Empire, il s’agissait en effet de rien de moins que de « familiariser entre eux des hommes qui, faits pour vivre ensemble, ne se seraient rapprochés que pour se déchirer ». Entre la guerre civile et la danse, qui choisit la guerre ? On dansa donc. Et Lyon retrouva sa gaieté, si l’on en croit le vieil administrateur.

Pierre Karila-Cohen* consacre un chapitre de Monsieur le Préfet à ces bals qui marquèrent la vie provinciale entre 1800, année où Bonaparte créa la fonction préfectorale, et le début du XXe siècle. Donnant raison à M. de Lezay-Marnésia, l’historien considère sans ironie « l’utopie politique » que cette tradition recouvrait. Dans une France en mutation qui, comme les danseurs, passait son temps à chercher un point d’équilibre, le préfet offrait ainsi « le spectacle, ou au moins le projet, d’un rassemblement des Français autour d’un Etat fort, impartial et prodigue ».

« Monsieur le Préfet. Incarner l’Etat dans la France du XIXe siècle », de Pierre Karila-Cohen, Champ Vallon, « Epoques », 374 p., 25 €, numérique 17 €.

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