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Myriam Harry (1869-1958) est une femme de lettres française née à Jérusalem, grande voyageuse. Son œuvre journalistique et littéraire, nourrie de nombreux reportages à l’étranger, est marquée par une rencontre enrichissante entre l’Orient et l’Occident. Par Clélia Guillemot 🔸

Arrachée brutalement à la magie de l’Orient par le suicide de son père, Guillaume Shapira, antiquaire passionné, accusé d’être un faussaire, (« Le prétendu manuscrit original de la Bible », Le Temps, 22 août 1883), elle gardera toute sa vie la nostalgie de son enfance à Jérusalem, dans la ville sainte et lumineuse où se côtoient toutes les religions. Elle l’évoque dans La Jérusalem retrouvée (Les dimanches de la femme, 14 décembre 1930). Elle se retrouve  à quinze ans « chez les Barbares » à Berlin, ville qu’elle déteste. Elle raconte son expérience avec beaucoup d’humour dans son livre Siona à Berlin. C’est en 1887 qu’elle s’installe enfin à Paris et devient  romancière et journaliste.

En 1897, son amant, le poète Georges Vanor lui présente Marguerite Durand qui cherche un conte de Noël pour son journal  La Fronde. Elle écrit « Noël à Bethléem » puis publie ensuite régulièrement des contes, tous inspirés par l’Orient : « Passage de Bédouins » (5 mars 1898) ; « Le Carême de l’islam »  (24 mars 1898) ; « Fleur des sables » (4 mai 1898) ; « Sous les baumiers de Galaad »  (4 juin 1898) ; « La loi du sang » (11 juillet 1898) ; « In extremis »  (1er octobre 1898) ; « A la mer »   (24 novembre 1898) ; « Colombo la verte »  (13 décembre 1898). Le dernier parait en 1900 alors qu’elle revient d’Indochine, « Panneaux saïgonnais »  (26 mars 1900).
De retour d’un voyage en Extrême-Orient, elle fait paraître en feuilleton à partir du 10 mai 1900 La pagode de l’île flottante dans Le Journal, roman qu’elle a commencé à rédiger à Saïgon.
En 1905, elle devient célèbre en obtenant le premier prix Femina (crée par le magazine La Vie Heureuse) pour son livre  La Conquête de Jérusalem Le Temps (31 janvier 1905) salue « le meilleur livre de femme paru dans l’année ». Le prix Femina a été créé en réaction au refus du jury du Goncourt de récompenser l’œuvre de Myriam Harry au motif que l’auteur était une femme (La Fronde , 1er février 1905).

Pour aller plus loin :

  • L’Orient dévoilé : sur les traces de Myriam Harry, de Cécile Chombard Godin (Éditions Turquoise, collection Le Temps des femmes, 2019)
  • La Conquête de Jérusalem, de Myriam Harry (Éditions Turquoise, collection Le Temps des femmes, 2019)
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