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Le théologien Stéphane Lavignotte a lu « Nous ne sommes pas seuls » de Léna Balaud et Antoine Chopot, paru au Seuil. Pour lui, ce texte révèle un tournant de la pensée écologiste. Critique et extraits. Par Stéphane Lavignotte (Théologien et pasteur) 🔸 

Sur la Loire, des naturalistes en lutte favorisent la venue d’un couple de balbuzards, espèce protégée, dont la présence bloque plusieurs mois par an le chantier d’un pont. Au Kirghizistan, des villageois sabotent la mainmise de l’État sur leurs moyens de subsistance en greffant en secret une forêt fruitière. En Argentine, des cultures OGM sont envahies par des super-mauvaises herbes, immunisées des pesticides par contamination génétique, des communautés paysannes en lutte contre Monsanto favorisant leur développement en lançant des bombes à graine. Ces exemples et d’autres rythment ce livre important dans les révolutions actuelles de la pensée écologiste.

Dans les années 1970, avec l’écologie politique, Gorz, Illich ou Bookchin écologisaient la critique sociale et politisaient les rapports de la société à la nature. A la fin des années 1990, Philippe Descola ou Bruno Latour (retrouvant leur prédécesseur de vingt ans Serge Moscovici) invitaient à sortir des concepts mêmes de « nature » et de « société » (et des idées connexes d’« humain », « environnement », « économie », etc.) pour remettre l’humain parmi tous les vivants (faune, flore, sols…) et ne plus considérer la « Nature » comme passive et extérieure. C’est ce qu’on appela le « tournant non-humain » de l’écologie. Léna Balaud et Antoine Chopot proposent un troisième tournant.

 

Nous ne sommes pas seuls ; politique des soulèvements terrestres

Léna Balaud, Antoine Chopot

Editeur : Seuil

Collection : Anthropocene

Date de parution : 18/03/2021

Nombre de pages : 432

21,50 €

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