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Enquête. La traduction des œuvres de la jeune poétesse afro-américaine Amanda Gorman a tourné à la polémique aux Pays-Bas et en Catalogne. Ce récent épisode met en lumière cette profession, invisible et précaire alors qu’elle est essentielle à la vie des livres, comme le défend notamment l’écrivain américain Russell Banks. Par Alexandre Duyck🔸

La scène date du 20 janvier, à Washington. Un moment historique : ici s’achève le mandat de Donald Trump et débute celui de Joe Biden. A la tribune ou devant la statue de Lincoln vont défiler les artistes invités du président élu : Bruce Springsteen, Lady Gaga, Jennifer Lopez, mais aussi une femme de 22 ans, vêtue de jaune, que le monde entier découvre, la poétesse afro-américaine Amanda Gorman, venue déclamer avec ferveur son poème The Hill We Climb, « la colline que nous gravissons ». Aussitôt, dans de nombreuses maisons d’édition, européennes notamment, c’est la ruée sur ses textes. Partout, des contrats sont signés, des traducteurs désignés. Naissance d’une icône.

Fin février, les choses se compliquent. Aux Pays-Bas, le choix de confier la traduction du texte à l’autrice et traductrice Marieke Lucas Rijneveld, plus jeune lauréate du célèbre International Booker Prize, est vivement contesté par une journaliste et activiste néerlandaise noire, Janice Deul. « Une occasion manquée. Pourquoi ne pas opter pour une femme, jeune et fière d’être Noire comme Amanda Gorman ? », demande-t-elle. Sur les réseaux sociaux, c’est l’escalade. Malgré le soutien de son éditeur, Marieke Lucas Rijneveld se retire du projet.

CIARA DATTOLA

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