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Par Christian Ruby 🔸

L’attention de nos jeunes contemporains est devenue, dit-on, « flottante ». On se plaint des jeunes générations, relativement à la lecture, à l’écriture, aux relations sociales et politiques. Des enquêtes tendent à prouver ce manque d’attention. Des écrits en analysent les composantes. La « société du divertissement », n’a pas bonne presse.

Les directeurs de l'édition de cet ouvrage conçu et entrepris par l’HEAD (Haute École d’art et de Design) de Genève, en 2019, demandent qu'on remarque, cependant, cet éclat anodin qui soulage d'un moment de tension, durant une conversation, ou bien telle association d’idées, involontaire, qui éloigne l'auditeur d’une conférence, ou encore telle évocation d’une personne par la trace flottante d’un parfum, pendant qu’on s'inquiète de trouver son chemin dans une ville, ou enfin tel trait d’humour dans une situation de souffrance... Expériences communes de distraction, ou même de dis-traction (d'après Peter Szendy, prise de distance et réceptivité à une attraction alternative).

Il arrive ainsi que la tension de l’attention soit amoindrie, au profit d’une ouverture positive vers d’autres horizons. La distraction vient alors donner des forces à l’esprit. Grâce à elle, ce dernier prend du champ et se donne les moyens de revenir, mieux exercé, sur le premier terrain.

 

Politiques de la distraction

Dork Zabunyan (co-direction), Paul Sztulman (co-direction)

2021

Presses du Réel

320 pages

24,00 €

 

 

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