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Par Vincent Roussel 🔸 Lorsque les grands cinéastes hollywoodiens furent portés au pinacle par la critique française à partir des années 50, beaucoup se montrèrent étonnés par l’intérêt que suscitaient leurs œuvres et surtout par l’interprétation que ces jeunes gens en faisaient. Il y avait chez les cinéastes américains classiques un pragmatisme (que l’on retrouve d’ailleurs chez des individus comme Lynch ou De Palma qui n’aiment pas du tout théoriser sur leurs films) qui les poussait à se voir avant tout comme des artisans effectuant leur travail le mieux possible (le fameux « Je m’appelle John Ford et je fais des westerns »). Nous sommes souvent loin de la vision « auteuriste » à la française lorsque lesdits cinéastes se penchent sur leurs carrières et racontent leurs souvenirs.

Dans le cadre du cinéma classique hollywoodien, Richard Fleischer reste un cas à part, à cheval entre une certaine tradition (le film à grand spectacle comme Les Vikings) et la modernité (les fascinantes expérimentations de L’Étrangleur de Boston et son usage immodéré du « split-screen »). Il fut sans doute le plus éclectique des cinéastes américains de cette période, débutant par de petites séries B pour la RKO et s’illustrant par la suite dans le film noir, le thriller, le cinéma d’aventures, la science-fiction (le prophétique Soleil vert), l’épouvante (le troisième volet de la saga Amityville), le western (Duel dans la boue), le mélodrame (le somptueux La Fille sur la balançoire) et même le film musical (L’Extravagant Docteur Dolittle)… Et quels points communs pourra-t-on trouver entre une grosse production tournée pour Walt Disney (20.000 lieues sous les mers) et des films aussi singuliers et beaux que Les flics ne dorment pas la nuit ou L’Étrangleur de Rillington Place ?

 

Survivre à Hollywood (1993) de Richard Fleischer

Marest Éditeur, 2021

426 pages – 27€

Disponible en librairie depuis le 11 mai 2021

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