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Pourquoi dans l’histoire des arts ne connaît-on pas de grand génie féminin de la peinture ? Pourquoi n’y a-t-il pas de Léonarda da Vinci, de Nicole Poussin, ou de Paulette Cézanne ? Linda Nochlin a été la première à poser la question, en 1971. Jusque là, visiblement, le problème n’avait attiré l’attention de personne. Par Carine Chichereau

En réalité, les femmes ont toujours créé. Comme les hommes. La mythologie grecque prête même l’invention du dessin à une femme : Callirrhoé de Sicyone, qui aurait dessiné au charbon le profil de son amant sur un mur. Alors surgit une nouvelle question : pourquoi dans la plupart de nos musées et de nos livres d’art sont-elles absentes ? Où sont-elles donc passées ? Combien demeurent aujourd’hui parmi toutes celles qui été englouties dans les oubliettes de l’Histoire ? Est-il encore possible de les sauver ?

Dans l’Antiquité comme au Moyen Âge, on connaît encore le nom de certaines artistes. Les peintures antiques, dans l’ensemble, ont disparu, mais on a toujours la trace des enlumineuses (Anastaise, Bourgot, Guda), qui vers 1400 à Paris représentaient entre 10% et 15% des artistes exerçant cette profession. C’est vers la fin du Moyen Âge que l’on commence à différencier artistes et artisans, et à trouver leurs noms répertoriés. La Renaissance, dans le domaine de la peinture, ne laisse hélas pas beaucoup de place aux femmes. Mais dès le XVIe siècle, sans doute à la faveur des grands ateliers vénitiens et romains, elles recommencent à faire leur apparition. Ainsi, en Italie, Marietta Robusti, dite la Tintoretta, fille de Tintoret, que Philippe II d’Espagne voulut faire venir à sa cour (son père refusa). Ou aux Pays-Bas espagnols, Catharine van Hemessen, qui serait la première à s’être représentée dans l’acte de peindre, avant même ses collègues masculins. Dans presque tous les cas, les femmes qui réussirent à faire une véritable carrière en tant que peintres étaient elles-mêmes filles de peintres, telles Artemisia Gentileschi, ou Lavinia Fontana. Elles peignaient, elles avaient leur place au sein de l’atelier, mais rares furent celles qui parvinrent à se singulariser comme Sophonisba Anguissola, qui se rendit bel et bien à la cour de Philippe II d’Espagne, elle, et peignit entre autres un grand nombre de portraits.

 

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