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L’historienne signe une étude novatrice sur le sort des militaires ayant dû atterir en territoire ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Par Antoine Flandrin 🔸

Le 11 septembre 1941, le pilote P. F. Allen et ses camarades survolent la région de Dijon. Mais le moteur a des défaillances, et l’équipage britannique est contraint à une descente forcée sur le sommet d’une colline. Recherchés par les Allemands, les quatre aviateurs se mettent en route. C’est le début d’une odyssée de cinquante jours à travers la France. Partout, de la Bourgogne à l’Espagne, ils vont être guidés, conduits, cachés, nourris par des helpers (« assistants ») français. Un récit aussi invraisemblable, à première vue, que pouvait l’être La Grande Vadrouille, le célébrissime road-movie français de 1966, qui entretenait le mythe d’une France unanimement résistante, alors largement admis.

Pourtant, dans Tombés du ciel, Claire Andrieu, professeure d’histoire contemporaine à Sciences Po, montre à partir d’une myriade d’exemples que, dans l’ensemble du pays occupé, l’arrivée au sol d’aviateurs alliés déclenche souvent le même type de réaction : les civils les cachent et les aident à s’évader. Cette étude novatrice, qui détaille la somme de tâches lourdes et répétitives que cela implique – recherche de vêtements civils adaptés, de nourriture, de médecins… –, jette une lumière vive sur une réalité méconnue. En replaçant cette société des helpers dans son contexte national, matériel et moral, et en montrant son autonomie face aux autorités françaises et allemandes, l’historienne restitue la signification politique de son action, qu’elle reconnaît comme fait de résistance à part entière.

« Tombés du ciel. Le sort des pilotes abattus en Europe, 1939-1945 », de Claire Andrieu, Tallandier-Ministère des armées, 512 p., 23,90 €, numérique 17 €.

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