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Peu de présidents américains ont suscité autant d’enthousiasme et bénéficié d’une telle popularité internationale. À l’arrivée, cependant, un sentiment d’occasion manquée. Dans ses Mémoires, M. Barack Obama livre quelques-unes des clés de cette déception. Cela pourrait-il expliquer l’audace économique actuelle de son ancien vice-président ? Par Serge Halimi 🔸

Quand des dirigeants politiques reviennent sur leur parcours après avoir déçu, leurs ouvrages méritent d’être lus par ceux qui aimeraient faire mieux qu’eux. Contraints d’admettre la désillusion qu’ils ont suscitée, ils l’imputent souvent à l’irréalisme de leurs partisans, au déchaînement de leurs adversaires, à la complexité du monde, à un jeu politique qui les obligea à promettre davantage qu’ils ne pourraient tenir. Reste que même une présidence décevante comporte une réalisation dont on aime se prévaloir. Ce n’est pas par hasard que le premier volume des Mémoires de M. Barack Obama s’achève par le récit détaillé de la traque et de l’exécution d’Oussama Ben Laden.

Mais l’auteur, qui doit déjà penser au chapitre final de son second tome, ne peut pas aller trop loin dans la présentation euphémisée de son bilan. Car sa présidence, entamée le 20 janvier 2009 dans l’allégresse, après un raz-de-marée électoral et sous les auspices du « Yes, we can », s’est conclue huit ans plus tard par l’arrivée de M. Donald Trump à la Maison Blanche. Plus grave sans doute pour M. Obama : il ne reste déjà plus grand-chose de ses années d’exercice du pouvoir dans la mémoire collective, au point que l’un des présidents les plus intelligents et les plus brillants de son pays risque d’avoir moins marqué l’histoire que son successeur immédiat, pourtant moins doué que lui.

Barack Obama, A Promised Land, Crown, New York, 2020 (en français : Une terre promise, Fayard, Paris, 2020). 32,00 €

 

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