Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Jacques Bouveresse, qui vient de mourir, pensait que la littérature peut apporter une connaissance, de la réalité, de la vie et de l’éthique. Qu’en aurait pensé Flaubert, tenant de l’art pour l’art et de l’autonomie absolue de la littérature ? On peut essayer de se poser ces questions à propos de Bouvard et Pécuchet et de son encyclopédie de la bêtise, dont la Pléiade vient de nous donner une superbe édition renouvelée.

Jacques Bouveresse (1940-1921) a beaucoup écrit sur la littérature, d’abord sur ses auteurs de prédilection – Musil, Kraus, Valéry –, mais aussi sur les problèmes esthétiques, ceux de la fiction, de la représentation et de la perception musicale. Quand il écrit sur ces sujets, il s’efforce de ne pas prendre une perspective exclusivement littéraire, mais de considérer les œuvres du point de vue de ce qu’elles peuvent apporter à la connaissance. Bouveresse ne fait pas, comme on dit, « usage » de la littérature en vue de faire de la sociologie, de la psychologie ou de l’histoire, en considérant les œuvres comme des témoignages ou des documents. Pas plus qu’il n’adopte la perspective interne de la critique structuraliste et encore moins celle des écrivains qui, comme Blanchot, traitent la littérature comme un monde autonome et clos sur lui-même, posant son propre absolu. Dire qu’il lit la littérature en philosophe, en cherchant à en interroger la « pensée », comme tant de lectures ventriloques, serait tout aussi faux.


Gustave Flaubert, Œuvres complètes. Tome V, 1874-1880. Édition publiée sous la direction de Stéphanie Dord-Crouslé, Anne Herschberg-Pierrot, Jacques Neefs et Pierre-Louis Rey. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1 744 p., 66 €
Jacques Bouveresse, La connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité & la vie. Agone [2008], 240 p., 22 €

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article