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Les romanciers Mathias Énard et Camille de Toledo évoquent Vassili Grossman et Isaac Babel, deux martyrs juifs soviétiques de la littérature russe. Ils avaient choisi l’humanité face à la déshumanisation. Et ils le payèrent cher. Entretien croisé. Par Antoine Perraud 🔸

Deux écrivains français majeurs, attirés par les spectres de l’Histoire, Mathias Énard et Camille de Toledo, ont été happés par la force, le tragique et l’ambivalence de deux géants de la littérature soviétique : Vassili Grossman (1905-1964) et Isaac Babel (1894-1940).

Mathias Énard a préfacé la republication (éd. Autrement) des Années de guerre de Grossman : ses articles de correspondant pour l’organe officiel de l’Armée rouge de 1941 à 1945, précédés du roman patriotique Le peuple est immortel. On y voit comment l’écrivain-reporter s’échappe autant qu’il peut des canons du réalisme socialiste, annonçant son chef-d’œuvre achevé en 1960, Vie et destin, qui ne devait être publié à l’ouest du rideau de fer qu’en 1980 (éd. L’Âge d’Homme).

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Camille de Toledo a, quant à lui, publié avec l’illustrateur Alexander Pavlenko un remarquable roman graphique consacré à Isaac Babel : Le Fantôme d’Odessa (éd. Denoël, collection Denoël Graphic). Fin connaisseur des Œuvres complètes de Babel rassemblées et traduites par Sophie Benech (éd. Le Bruit du temps), Toledo est parti d’une photographie de l’écrivain avec sa fille Nathalie, prise à Paris en 1933. Qu’est-ce qui poussait Babel à revenir à Moscou, se jeter dans la gueule du loup pour finir exécuté secrètement au mois de janvier 1940 ?

 

Années de guerre, de Vassili Grossman. Préface de Mathias Énard (éd. Autrement, 336 p., 22,90 €). Le livre est publié dans la traduction anonyme des Éditions en langues étrangères parue à Moscou en 1946.

Le Fantôme d’Odessa, de Camille de Toledo et Alexander Pavlenko (éd. Denoël, 224 p., 24,90 €).

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