Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Penseur majeur de la première mondialisation du XVIe siècle et de la pensée métisse qu’elle a créée en Amérique, Serge Gruzinski propose dans cette Conversation avec un métis de la Nouvelle-Espagne un essai dont la forme, innovante, épouse à merveille le fond d’un propos captivant et foisonnant. Un ouvrage magistral qui livre dans toute sa complexité l’histoire insaisissable des sociétés américaines aux premiers temps de la colonisation hispanique. Par Pierre Tenne 🔸

Cette Conversation se tient au croisement de deux désirs historiens qui sont plus qu’actuels. Celui de donner une voix à celles et ceux qui jamais, ou peu s’en faut, ne purent en avoir dans les histoires passées ; celui ensuite d’expérimenter d’autres écritures de l’histoire. C’est à ce carrefour que Serge Gruzinski se tient, bardé de ses recherches antérieures, qui font de lui une autorité mondiale sur l’Amérique renaissante autant que sur la première mondialisation contemporaine de la découverte du continent par les Européens.

Comment l’historien peut-il bien écrire à ce carrefour, d’où partent tant de questions et de savoirs ? À partir d’une démarche d’une originalité confondante de simplicité : la Conversation s’organise autour de dialogues qu’invente l’auteur avec un métis originaire de Tlaxcala, Diego Muñoz de Camargo, ayant vécu dans la seconde moitié du XVIe siècle – un « contemporain de Montaigne ». Le choix de cet interlocuteur est signifiant à tous égards, Tlaxcala étant l’une des cités de Mésoamérique dont les élites ont le plus collaboré avec les Espagnols, dès les premiers temps de la Conquête. 


Serge Gruzinski, Conversation avec un métis de la Nouvelle-Espagne. Fayard, coll. « Histoire », 286 p., 22 €

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article