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Changement de registre pour le grand auteur espagnol Javier Cercas, jusqu’alors spécialiste de non-fiction, désireux de vérité historique dans ses précédents livres. Le voici auteur d’un polar passionnant sur les pas de son enquêteur Melchor, personnage à l’identité vacillante. Éric Médous 🔸

On a connu Javier Cercas spécialiste de non-fiction dans Anatomie d’un instant, capable de disséquer sur des centaines de pages d’un récit dépourvu de la moindre fantaisie littéraire la tentative de coup d’état espagnol du 23 février 1981. On l’a lu se questionner sur la fiction dans L’imposteur, en érigeant là-aussi sans la moindre fanfaronnade romanesque la biographie d’un homme qui avait quant à lui fait de sa vie un roman. On le connait pour sa passion envers la vérité et l’histoire espagnole, spécialiste de récit du réel, ayant un rapport particulier à la fiction. Difficile dans ces conditions de l’imaginer auteur de polar.

C’est pourtant bien sur ce terrain que nous plonge d’emblée cette fiction, par la découverte macabre d’un triple assassinat dans la comarque de Terra Alta. Les Adell n’avaient certes que peu d’amis dans le secteur, peu ou prou de vie sociale, le patriarche en cacique à la tête de son entreprise des Cartonneries d’Adell, adepte de management à l’ancienne. Mais de là imaginer et surtout comprendre ce carnage et cette torture avant la mise à mort du couple d’industriels nonagénaires – sans trop s’attarder sur la domestique roumaine, la horde d’enquêteurs dépêchés sur les lieux aura bien du mal à le faire. Y compris Melchor. Surtout Melchor devrait-on dire, lui l’étranger transféré au commissariat de la comarque pour se mettre à l’abri d’éventuelles représailles barcelonaises.

 

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