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Replongeant dans un manuscrit du XIIIe siècle, Jean-Claude Schmitt, fin latiniste, brosse un tableau sidérant des us et coutumes médiévaux. Par Gilles Heuré 🔸
C’est un combat de tous les instants que mène Richalm de Schöntal, moine et abbé cistercien, au seuil du xiiie siècle. Et grâce au frère N, qui recueillit ses propos, on en connaît les péripéties : « Il y a un certain frère […] qui voit les démons et les entend et connaît leurs œuvres, leurs efforts et leurs ruses ; il a l’habitude de s’en entretenir avec moi […]. Mais il y a une chose qu’il redoute beaucoup, c’est qu’il pense que personne ne lui accordera foi, ou à peine quelques-uns. Moi je sais que ce qu’il dit est vrai et qu’il ne peut mentir ; et je porte témoignage pour que vous aussi vous croyiez. » Voici donc l’histoire stupéfiante de Richalm, contée dans le Liber revelationum, le Livre des révélations, publié en 1219. L’historien Jean-Claude Schmitt, avec la collaboration de Gisèle Besson, spécialiste du latin médiéval, l’a retraduit. Il y est, si l’on peut dire, en terrain connu, ses travaux portant depuis des années sur les songes, les revenants, les vivants et les morts dans la société médiévale. Aussi, ce Livre des révélations est-il un double dialogue : entre le frère et l’abbé, d’une part, mais également entre l’historien et le lecteur d’aujourd’hui auquel il explique les règles de cet univers de croyances, de paroles et de sensibilité propre à cette communauté monastique.

 

Le cloître des ombres, de Jean-Claude Schmitt. Éd. Gallimard, coll. Bibliothèque des Histoires, 480 p., 29,50 €.

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