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La littérature n’a sans doute jamais autant dit son souci du vivant qu’aujourd’hui, et en marge de nombreux romans qui se saisissent de cet enjeu primordial, quelques essais empoignent avec force cette urgence, comme celui de Pierre Schoentjes, Littérature et écologie. Le mur des abeilles ou celui de Jean-Christophe CavallinValet noir, tous deux publiés chez José Corti. C’est chez ce même éditeur dont l’engagement pour le vivant est vibrant, depuis la création de la belle collection Biophilia et leur départ de Paris pour le Colombier, que paraissent ce printemps des textes inédits en français de Rachel Carson, traduits par Bertrand Fillaudeau. Il est bon de temps à autre de saluer les figures d’avant-garde qui ont donné l’alerte : son analyse des ravages des pesticides, Printemps silencieux, a désormais presque soixante ans, et sa force prémonitoire reste intacte, comme l’exigence d’un changement radical de modèle de vie.

Les textes réunis dans Le Sens de la merveille donnent à lire la même puissance de détermination et dessinent les contours d’une intelligence sensible. Correspondance, discours de réception, articles : les textes qui composent ce recueil ne sont pas des satellites en marge de l’œuvre, mais une porte dérobée pour y accéder. Et découvrir, comme le note justement son traducteur, une alliance fine entre un sens rigoureux de l’observation factuelle et une puissance de rêverie ou d’imagination, rappelant s’il le fallait encore que la science trouve dans la littérature une alliée substantielle.

Rachel Carson, Le Sens de la merveille, traduit de l’anglais (USA) par Bertrand Fillaudeau, éditions José Corti, « Biophilia », mars 2021, 176 p., 19 €

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