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Les textes sacrés de l’hindouisme attribuent une place primordiale à la sexualité et le Kama-sutra en est le traité le plus célèbre. Manuel d’éducation au plaisir érigé en art, il a pourtant été composé par un chaste érudit de l’Inde médiévale. Par Ysé Tardan-Masquelier (Historienne des religions et indianiste) 🔸

L’Inde a reconnu très tôt que l’homme est un être de désir, qu’il ne vit que par et pour le désir. Elle s’est aussi représenté des dieux désirants et se faisant désirer. Le mot qui le désigne en sanskrit, kama, offre une large palette de tonalités.

Au plus étroit, c’est l’impulsion qui cherche sa satisfaction temporaire par le biais des sens – goût, odorat, ouïe, mais surtout vue et toucher –, par le biais de l’imagination sensuelle et, plus particulièrement, de la sexualité. C’est aussi cette satisfaction elle-même, d’où le plaisir, la jouissance, l’orgasme ; c’est le sens commun dans le Kama-sutra, où il s’agit avant tout de plaire, et donc de donner et recevoir du plaisir.

Au plus vaste, kama désigne l’entrelacement inextricable de la quête et de ce qui la comble, du manque et de la plénitude, de l’attente et du ravissement, de la brûlure et de l’apaisement. Il fait donc partie du vocabulaire mystique.

 

Ysé Tardan-Masquelier dirige le diplôme universitaire Cultures et spiritualités d’Asie à l’Institut catholique de Paris. Coprésidente de la Fédération nationale des enseignants de yoga, elle est l’autrice de nombreux ouvrages, parmi lesquels Petite spiritualité du yoga (Bayard, 2018).

 

 

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