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Voici un classique anglais qui demande beaucoup aux lectrices et lecteur d'aujourd'hui, mais sa réputation n'est pas surfaite et l'effort sera récompensé. Simplement, sa fréquentation n'est pas un grand fleuve tranquille...

La naissance de Tristram en 1718 en est le premier grand sujet ; ça occupe à peu près le tiers du livre mais de façon discontinue. L'affaire est suivie de la conception à l'accouchement —— difficile malgré le prétendu savoir-faire du médecin du village avec qui Shandy père discute longuement d'obstétrique tandis que la parturiente souffre en compagnie d'une sage-femme dépassée par l'événement ——, et s'étend à la question du prénom avant d'effleurer, quelques centaines de page plus loin, celle de son éducation. Shandy père, marchand à la retraite et gentilhomme, s'est mis en tête que le prénom influence énormément la vie de qui le reçoit, or un fâcheux concours de circonstances fait qu'au lieu de Trismégiste le nouveau-né se retrouve baptisé par le pasteur Yorick, ami de la famille, du nom de Tristram —— le pire prénom qui soit selon le père —— et de fait, quelques années plus tard, une fenêtre à guillotine a failli le circoncire… et plus. Beaucoup de cris et d'injures fusèrent alors et Shandy père se servit même d'une arme absolue dans sa fureur : un texte d'excommunication.

• Laurence Sterne : La Vie et les Opinions de Tristram Shandy. Traduit par Guy Jouvet, Editions Tristram, Auch, 2006, 937 pages.

(La première édition française parut en 1776. Wikisource donne une traduction française de 1803 en deux volumes — mais la numérotation des chapitres ne correspond pas à cette édition).

 

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