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Dans « Trio », son dernier roman, l’écrivain britannique s’en donne à coeur joie avec son casting de losers. Par Didier Jacob 🔸

Comme son compatriote Jonathan Coe, William Boyd a choisi un tournage pour sujet de son nouveau roman. Mais, contrairement à Coe et à son « Billy Wilder et moi », Boyd a imaginé, en Reggie Tipton, un cinéaste lambda. Un sans-grade. Il tourne à Brighton, en 1968, un film dont Talbot Kydd est le producteur, et Anny Viklund, une jolie fille d’ascendance suédoise, la star principale. Pas de danger, vous l’avez compris, que cette production décroche un lion d’or à Venise, ou suscite un quelconque intérêt de la critique.

C’est que, sur le plateau, l’auteur d’« Un Anglais sous les tropiques » a réuni un casting de losers dont il décrit les sombres travers et les secrètes trahisons avec la verve irrésistible et la maîtrise parfaite qu’on lui connaît. Talbot, le producteur, ne sait comment faire son coming out tandis que Reggie, le metteur en scène (il se fait appeler Rodrigo car les cinéastes hispaniques ont le vent en poupe), s’envoie en l’air avec la scénariste. Sa femme Elfrida, une écrivaine en panne d’inspiration depuis dix ans, carbure, elle, à la vodka et au gin.

Trio, par William Boyd, traduit de l’anglais par Isabelle Perrin, Seuil, 420 p., 22 euros.

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