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Romans non traduits, nanars introuvables, bizarreries oubliées… Cette semaine, pauvre Cau. Par François Forestier 🔸

Il avait une plume empoisonnée, un air de condottiere, des façons de rétiaire. Jean Cau a débuté chez Jean-Paul Sartre et a fini chez les croisés de la droite extrême, itinéraire classique des apeurés du siècle. En 1982, il publie un petit opuscule intitulé « la Barbe et la Rose », couverture noire, où il annonce la fin des temps – car, voyez-vous, Mitterrand vient d’être élu. Empruntant ses figures de style à Déroulède et son argumentation chez Doriot, Cau bave, page après page, sur « la taupe socialiste », note que « la plèbe émet des vents navrants », détaille son horreur « des sueurs mêlées de la foule » et, grâce à « des plumes et du papier », assure que « nous construirons d’indestructibles monuments dallés de porphyre » avec « la haine de vos congés qui voient des millions d’êtres humains se coucher sur les plages et offrir leur viande au soleil ». Il poursuit : « Nous allons droit vers les accents vulgaires. Ecoute-les, mon âme, elles sont vraiment affreuses les voix des tribuns de notre décadence qui mastiquent du haricot distingué et s’extraient des bouches qui sentent l’oignon. » Traduction : les socialistes puent de la gueule.

La Barbe et la Rose, par Jean Cau, La Table Ronde, 1982.

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